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La tétine et la mort subite du nourrisson.
Quatre équipes de recherche ont publié des études démontrant un lien entre l'usage de la tétine et la réduction du risque de MSN.

Les Néo-Zélandais Mitchell et coll. ont comparé 485 décès imputables à la MSN à 1.800 nourrissons témoins. Ils ont observé que l'usage de la sucette était beaucoup moins élevé chez les nourrissons décédés que chez les nourrrissons témoins (RR 0,44, 95 % IC 0,26 à 0,73). Ils ont fait cette observation avant même le début de la campagne néo-zélandaise National Cot Death Prevention Campaign en 1992.
En Norvège, Arnestad et coll. ont examiné 121 décès par MSN et ont découvert que seulement 10 % « utilisaient toujours » une sucette par rapport à 24 % des sujets témoins. Ils ont conclu que le recours à la sucette pourrait constituer un facteur favorable dans la prévention de la MSN.
En 1998, aux Pays-Bas, L'Hoir et coll. ont déclaré que 12 % des cas utilisaient une sucette, par rapport à 48 % des sujets témoins (RR 0,19). Ils ont conclu que les sucettes devraient être recommandées, du moins pour les bébés nourris au biberon.
Fleming et coll. , du Royaume-Uni, ont entrepris une étude cas-témoins de trois ans dans le cadre de l'étude Confidential Enquiry into Stillbirths and Deaths in Infancy menée auprès de la population générale. Ils n'ont découvert aucune différence entre les cas et les sujets témoins pour ce qui est de l'usage systématique des sucettes. Toutefois, moins de nourrissons décédés de la MSN s'étaient servi d'une sucette lors de leur dernier sommeil que de sujets témoins pour leur sommeil de référence (RR 0,62, 95 % IC 0,46 à 0,83). Cette constatation a donné lieu à la suggestion selon laquelle seuls les bébés qui utilisent régulièrement une sucette mais qui ne le font pas pour leur dernier sommeil sont plus vulnérables à la MSN.
La Chicago Infant Mortality Study a porté sur l'environnement de sommeil dans 260 cas de MSN au sein d'une population urbaine à prédominance noire pour contribuer à en réduire l'incidence au sein de ce groupe très vulnérable. Les chercheurs ont découvert que l'usage de la sucette réduisait considérablement le risque de MSN au sein de son échantillon de population (RR 0,3).
Il existe de nombreuses théories sur le pouvoir protecteur de la sucette dans l'environnement du sommeil. Ces théories sont également intéressantes pour les personnes qui spéculent sur le mécanisme exact de la MSN, car son incidence a chuté de manière remarquable après la campagne Dodo sur le dos menée au Canada et après des campagnes similaires à l'étranger. Une étude récente laisse supposer que les sucettes réduisent le seuil d'éveil auditif. Les sucettes pourraient représenter un obstacle mécanique au fait de rouler sur le ventre. La succion de la sucette maintient la langue en avant et la perméabilité des voies respiratoires supérieures. Un nourrisson réconforté par une sucette ne bouge peut-être pas aussi souvent pendant son sommeil, ce qui limite le risque qu'il soit recouvert de couvertures. D'autres postulent que les sucettes réduiraient le reflux gastro-œsophagien et l'apnée qui s'ensuit. On avance également que l'usage de la sucette pourrait favoriser une légère rétention du CO2 et accroître la pulsion respiratoire.
D'après les données précédentes, il semble exister une association entre l'usage de la sucette et la réduction du risque de MSN. La physiopathologie de la MSN, sur laquelle la sucette pourrait exercer un effet positif, demeure nébuleuse. Pour l'instant, on ne peut faire de recommandations sur l'usage de la sucette pour réduire le risque de MSN. Cependant, les données sont suffisantes pour que les pédiatres et les autres professionnels de la santé réfléchissent avant de déconseiller systématiquement l'usage de la sucette.
Les pièges de la sucette
La plupart des parents essaient la sucette pour calmer les pleurs de leur bébé. Mais attention, la nuit, le seul fait de la perdre peut le réveiller et le faire pleurer. L'autre piège est qu'il devient rapidement dépendant et la réclame de jour comme de nuit. La sucette devient ainsi la solution à tous les pleurs, gênant une véritable communication. Il est donc conseiller de surveiller son usage et d'essayer d'en limiter l'usage à l'endormissement ou aux gros chagrins .
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