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Cervicalgies d'origines occlusales.

cervicalesDes relations physiopathologiques existent entre le rachis cervical et le système manducateur.

Le médecin généraliste doit pouvoir repérer dans certaines circonstances un dysfonctionnement de l'appareil manducateur (DAM) sur un certain nombre de signes cliniques. Ce sont les conclusions de médecins  spécialistes Français publiées dans la Revue du Rhumatisme.


Résumé de l' article :

Certaines cervicalgies rebelles aux traitements classiques pourraient être ainsi d'origine occlusale et donc bénéficier de thérapeutiques à orientation dentaire.
La prévalence estimée est de l'ordre de 45% dont la moitié est fonctionnelle. Il s'agit le plus souvent de dysfonctionnements mineurs à répétition avec asymétrie cervico-céphalique.


Quand rechercher un DAM chez un patient cervicalgique ?
Ce dépistage concerne les cervicalgies communes chroniques (de plus de trois mois), rebelles aux traitements médicaux bien conduits. Pour évoquer une origine occlusale, il faut ainsi s'assurer de l'association clinique suivante : déséquilibre postural cervicocéphalique, cervicalgie de type manducateur, symptomatologie clinique de DAM.

Une asymétrie posturale cervicocéphalique est attestée par la présence à l'inspection d'une déviation du cou, le plus souvent dans le plan frontal et horizontal.
Cette attitude a d'autant plus de valeur qu'il n'existe pas de scoliose vraie sous-jacente ou un trouble visuel sus-jacent.

fukudaUn test postural ( Test de Fukuda ) permet ainsi d'orienter le diagnostic : le patient marche sur place, 50 fois, en levant les cuisses à environ 45°, les yeux fermés, les membres supérieurs tendus devant lui à l'horizontale, tête droite. En cas d'anomalie, le patient soit tourne sur lui-même de plus de 30°, soit se déplace de plus de 50 cm.

 



Les cervicalgies d'origine occlusales sont le plus souvent hautes, unilatérales, avec un ou deux dysfonctionnements intervertébraux mineurs mais récidivants aux mêmes niveaux. L'horaire ou le rythme de la douleur peut également orienter le médecin : prédominance après les repas ou majorées la nuit ou le matin au réveil, décompensées par un bruxisme, également plus fréquent la nuit.

L'interrogatoire
retrouve des antécédents de DAM (traité ou non), un traumatisme de la mâchoire (impact direct au menton par exemple) ou des soins dentaires précédant la survenue des cervicalgies. Il est important de faire préciser au patient (qui ne le signale pas toujours) certains signes comme la survenue de bruits articulaires (claquements, craquements, crissements), d'épisodes de blocage, de sensation de limitation de l'ouverture buccale, de bruxisme (grincements de dents ou crispation de la mâchoire), d'une instabilité temporomandibulaire, de douleurs articulaires ou encore de myalgies des muscles masticateurs (masséter et temporal). Les trois derniers symptômes ont plus de valeur lorsqu'ils sont unilatéraux.

L'EXAMEN CLINIQUE, LA DEUXIÈME ÉTAPE INCONTOURNABLE
L'inspection doit rechercher une dysharmonie d'ouverture ou de fermeture buccale avec un trajet mandibulaire, dévié à droite ou à gauche, voire désaxé en baïonnette, une déviation droite ou gauche de la mandibule en position bouche fermée, la présence de bruits articulaires lors de mouvements de la mandibule et des signes indirects comme des abrasions dentaires par grincements des dents les unes contre les autres, une hypertrophie des masséters ou une édentation postérieure non compensée.

L'examen clinique peut retrouver, par ailleurs, une douleur unilatérale provoquée par la palpation d'une articulation temporomandibulaire et des muscles masticateurs, une contraction asymétrique des muscles temporaux lors du serrement lent et intense des dents (le patient étant en décubitus et l'examinateur derrière lui).

Au total, la suspicion de DAM est forte lorsqu'au moins deux des signes suivants sont associés : antécédent de DAM, douleur et bruit articulaire d'une seule articulation temporo-mandibulaire, ouverture buccale en baïonnette et limitation de l'ouverture buccale inférieure à trois travers de doigts.

Référence = Revue du Rhumatisme ; vol 72, n°12 : p.1283-1287

 

 

 

 

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